Au sec-ours !

Dessin de Schrank
Avec la fonte des glaces arctiques, les ours polaires vont disparaître. En effet, ils ont besoin de la banquise pour chasser leurs proies et celle-ci diminue d'année en année. Bientôt elle aura complètement disparu en été. Au cours des quarante-cinq prochaines années, soit trois générations d'ours polaires, leur population (aujourd'hui estimée entre 21 000 et 25 000 individus) devrait avoir diminué de 30 % au moins. A l'ouest de la baie d'Hudson, elle est déjà passée de 1 200 animaux en 1987 à 950 en 2004.
Dans la ville de Churchill au Canada, quand les ours polaires s'aventurent en ville, ils sont endormis à l'aide d'un fusil hypodermique et emmenés à la prison des ours polaires, où ils attendent que la baie soit reprise par les glaces. S'ils récidivent, ils sont tout bonnement tués par les autorités responsables de l'environnement car ils sont alors considérés comme nuisibles. Pourtant les nuisibles, ce ne sont pas eux mais bien nous qui avons détérioré leur habitat. Depuis 30 ans, l'étendue de la glace de mer a diminué de 5 % à 15 %. A Churchill, cela a prolongé l'été sans glace de trois semaines. Or, pour un ours, chacune de ces semaines représente 10 à 20 kilos de graisse en moins au début de l'hiver. Comme les femelles ne mangent rien pendant les huit mois de leur grossesse, elles dépendent intégralement de la graisse qu'elles ont stockée, et ce phénomène pourrait avoir un effet dévastateur sur la reproduction de l'espèce. Pour toutes ces raisons, l'espèce est sur la liste rouge des animaux en danger d'extinction depuis mai 2006.
Pour certains, la seule solution pour préserver les ours polaires est de les enfermer dans les zoos. Seulement, les enclos sont beaucoup trop petits (en moyenne un million de fois plus petits que leur habitat dans la nature). En plus, la captivité rend les ours polaires fous : ils tournent en rond dans leur cage et font des longueurs répétitives dans leur bassin. Apparemment, ils souffrent de l'emprisonnement plus que n'importe quel autre animal. Au Canada, un zoo a même mis son ours sous Prozac ! Il y aurait 1000 ours polaires en captivité dans le monde. Les meilleurs zoos pensent qu'il n'est pas éthique de garder de tels animaux enfermés, seulement ces animaux sont très populaires auprès du public... Il faut savoir aussi qu'aucun ours polaire n'a jamais été réintroduit dans la nature. Ils seraient trop habitués aux humains et incapables de survivre. A quoi bon alors préserver une espèce si c'est pour la garder en captivité ?
Là dessus, notre cher Georges debeulioubouche vient mettre son grain de sel. Son gouvernement a enfin proposé le 27 décembre dernier de classer ces malheureux ours polaires sur la liste des animaux en danger d'extinction (comme si on l'avait attendu !). Il faut dire qu'un quart de la population d'ours polaires se trouve en Alaska. L'hebdomadaire américain Time s'en amuse : "Toute administration américaine a sa limite. Richard Nixon l'avait atteinte au Cambodge et John F. Kennedy dans la baie des Cochons. Jusqu'à présent, le président George W. Bush n'avait jamais trouvé d'adversaire à sa mesure. Mais, même pour lui, l'ours polaire s'avère finalement le combat de trop". Cependant, le secrétaire à l'Intérieur Dirk Kempthorne a déclaré que, "bien que sa décision de protéger les ours polaires reconnaisse le phénomène de la fonte des glaces en Arctique, son ministère ne prend pas position sur ses causes et sur ce qu'il faut faire face à cela". Ainsi, le gouvernement américain ne reconnaît toujours pas la responsabilité humaine dans la fonte des glaces ou plus généralement dans les changements climatiques qui agitent notre Terre. Pourquoi alors défendre l'ours polaire ? Il semblerait que ce soit une réponse tardive (2 ans) à l'action en justice lancée par trois organisations de défense de l'environnement (le Centre pour la diversité biologique, le Conseil de défense des ressources naturelles et Greenpeace). Le journal britannique The Independant reste sceptique : "En fait, cette annonce n'inscrit pas l'ours polaire sur la liste des espèces menacées, elle ouvre plutôt une période de trois mois de débat public. Quand ce délai sera écoulé, si les militants ne maintiennent pas leur pression, l'administration pourrait simplement laisser tout tomber". Il ose cependant espérer que,"avec une opinion publique plus vigilante et un Congrès contrôlé par les démocrates, l'administration Bush pourrait se voir forcée d'imposer des limites aux émissions industrielles de CO2 aux Etats-Unis". Il est vrai que l'ours polaire occupe une place importante dans la culture américaine (emblème publicitaire de Coca-Cola entre autres) et reconnaître son extinction pourraît avoir une influence sur la prise de conscience écologique américaine. L'espoir fait vivre...

Dessin de Kal paru dans The Baltimore Sun le 15 novembre 2004
Dans la ville de Churchill au Canada, quand les ours polaires s'aventurent en ville, ils sont endormis à l'aide d'un fusil hypodermique et emmenés à la prison des ours polaires, où ils attendent que la baie soit reprise par les glaces. S'ils récidivent, ils sont tout bonnement tués par les autorités responsables de l'environnement car ils sont alors considérés comme nuisibles. Pourtant les nuisibles, ce ne sont pas eux mais bien nous qui avons détérioré leur habitat. Depuis 30 ans, l'étendue de la glace de mer a diminué de 5 % à 15 %. A Churchill, cela a prolongé l'été sans glace de trois semaines. Or, pour un ours, chacune de ces semaines représente 10 à 20 kilos de graisse en moins au début de l'hiver. Comme les femelles ne mangent rien pendant les huit mois de leur grossesse, elles dépendent intégralement de la graisse qu'elles ont stockée, et ce phénomène pourrait avoir un effet dévastateur sur la reproduction de l'espèce. Pour toutes ces raisons, l'espèce est sur la liste rouge des animaux en danger d'extinction depuis mai 2006.
Pour certains, la seule solution pour préserver les ours polaires est de les enfermer dans les zoos. Seulement, les enclos sont beaucoup trop petits (en moyenne un million de fois plus petits que leur habitat dans la nature). En plus, la captivité rend les ours polaires fous : ils tournent en rond dans leur cage et font des longueurs répétitives dans leur bassin. Apparemment, ils souffrent de l'emprisonnement plus que n'importe quel autre animal. Au Canada, un zoo a même mis son ours sous Prozac ! Il y aurait 1000 ours polaires en captivité dans le monde. Les meilleurs zoos pensent qu'il n'est pas éthique de garder de tels animaux enfermés, seulement ces animaux sont très populaires auprès du public... Il faut savoir aussi qu'aucun ours polaire n'a jamais été réintroduit dans la nature. Ils seraient trop habitués aux humains et incapables de survivre. A quoi bon alors préserver une espèce si c'est pour la garder en captivité ?
Là dessus, notre cher Georges debeulioubouche vient mettre son grain de sel. Son gouvernement a enfin proposé le 27 décembre dernier de classer ces malheureux ours polaires sur la liste des animaux en danger d'extinction (comme si on l'avait attendu !). Il faut dire qu'un quart de la population d'ours polaires se trouve en Alaska. L'hebdomadaire américain Time s'en amuse : "Toute administration américaine a sa limite. Richard Nixon l'avait atteinte au Cambodge et John F. Kennedy dans la baie des Cochons. Jusqu'à présent, le président George W. Bush n'avait jamais trouvé d'adversaire à sa mesure. Mais, même pour lui, l'ours polaire s'avère finalement le combat de trop". Cependant, le secrétaire à l'Intérieur Dirk Kempthorne a déclaré que, "bien que sa décision de protéger les ours polaires reconnaisse le phénomène de la fonte des glaces en Arctique, son ministère ne prend pas position sur ses causes et sur ce qu'il faut faire face à cela". Ainsi, le gouvernement américain ne reconnaît toujours pas la responsabilité humaine dans la fonte des glaces ou plus généralement dans les changements climatiques qui agitent notre Terre. Pourquoi alors défendre l'ours polaire ? Il semblerait que ce soit une réponse tardive (2 ans) à l'action en justice lancée par trois organisations de défense de l'environnement (le Centre pour la diversité biologique, le Conseil de défense des ressources naturelles et Greenpeace). Le journal britannique The Independant reste sceptique : "En fait, cette annonce n'inscrit pas l'ours polaire sur la liste des espèces menacées, elle ouvre plutôt une période de trois mois de débat public. Quand ce délai sera écoulé, si les militants ne maintiennent pas leur pression, l'administration pourrait simplement laisser tout tomber". Il ose cependant espérer que,"avec une opinion publique plus vigilante et un Congrès contrôlé par les démocrates, l'administration Bush pourrait se voir forcée d'imposer des limites aux émissions industrielles de CO2 aux Etats-Unis". Il est vrai que l'ours polaire occupe une place importante dans la culture américaine (emblème publicitaire de Coca-Cola entre autres) et reconnaître son extinction pourraît avoir une influence sur la prise de conscience écologique américaine. L'espoir fait vivre...
L'Arctique fond à grande vitesse !
Les pôles dégoulinent !
Un désastre écologique menace !
Les pôles dégoulinent !
Un désastre écologique menace !
"Les mecs… je l'sens pas.
Personne ne fait attention à nous, les ours polaires !
— Non !
— Tu rigoles !
Personne ne fait attention à nous, les ours polaires !
— Non !
— Tu rigoles !
— Qu'est-ce qu'on fait ?
— Faut trouver quelque chose qui attire l'attention des gens…
— Quelque chose d'irrésistible !"
— Faut trouver quelque chose qui attire l'attention des gens…
— Quelque chose d'irrésistible !"
Crise morale en Arctique !
Droit au mariage pour les ours polaires gay !
Un Esquimau antiavortement avalé par un épaulard gauchiste !
Droit au mariage pour les ours polaires gay !
Un Esquimau antiavortement avalé par un épaulard gauchiste !
Dessin de Kal paru dans The Baltimore Sun le 15 novembre 2004
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