le récit gore de l'accouchement

Publié le par chaouine

ATTENTION !!!

La lecture de cet article est formellement interdite à toutes les femmes enceintes, surtout à celles sur le point d'accoucher... Je veux mettre ici à plat tout le côté désagréable de cet événement mais je n'ai aucune envie de dégoûter ou de faire appréhender les autres. C'est plus une démarche pseudo-thérapeutique personnelle pour évacuer ce qu'il pourrait encore rester de mal-vécu dans cet événement. Donc, pour tous ceux que ça dérange, passez votre chemin, revenez au prochain article : ce sera plus cool !

Jeudi 7 décembre au soir, c'était l'anniversaire de ma belle-soeur, la marraine de Nestor. Nous sommes donc allés, moi et mon gros bide faire une dernière fois la fête. Tout le monde était déçu de nous voir arriver : "t'es encore là ?!" ; mon autre belle-soeur a dit que c'était sympa que Nestor attende le week-end pour arriver. MonsieurChaouine étant complètement crevé (je dois avouer que moi-même je n'étais pas spécialement dans une phase d'activité débordante), nous sommes partis assez tôt  nous coucher comme des papy/mamie. Seulement voilà, Nestor avait décidé que cette nuit-là, justement on ne dormirait pas ! A 1h du matin, je me réveille avec des contractions plein le ventre toutes les 5mn. Je suis consciencieusement les conseils qu'on m'a donnés à la maternité pour voir si c'est bien le travail qui commence ; je vais prendre une douche chaude mais rien n'y fait, j'ai toujours super mal. A 3h on décide qu'il faudrait peut-être partir à la maternité. On y arrive vers 3h30/4h.

La sage-femme m'examine et elle n'est pas sûre que le travail soit réellement commencé : la dilatation du col n'est pas encore assez grande, les contractions pas assez fortes (ah bon ? Je me demande ce que leur appareil mesure parce que moi, je les sens fortes les contractions !). Bref, elle me fait avaler des médocs pour voir si ça arrête le processus mais non, la machine est toujours en branle. Pendant ce temps, je fais mumuse sur le ballon, enfin, façon de parler parce que, avec les contractions, c'est pas tellement le pied ! Comme ça n'avance pas vite, elle me propose de prendre un bain, ça c'est pas mal, l'eau chaude ça fait un peu du bien quand-même : ça atténue la douleur, du coup, j'y reste au moins 2h. Après, je vais marcher un peu dans le couloir, je m'amuse à monter et descendre les escaliers (eh oui, on s'amuse beaucoup dans cette maternité). Puis, c'est la relève : la sage-femme de nuit part se coucher et une autre prend le service de jour.

Là je suis gâtée parce que je la connais et je l'aime bien. En plus, il y a aussi avec elle une élève sage-femme très compétente. Alors, j'ai 2 sage-femmes pour moi toute seule.  Elles m'examinent et constatent que le travail a bien avancé pendant la nuit. On discute un peu sur comment je vois les choses, si j'aurais envie d'avoir la péridurale (oui Oui OUI !) et elles m'accompagnent bien pendant les contractions, de plus en plus douloureuses... La sage-femme est embêtée parce que la poche des eaux n'est pas encore rompue, elle me dit qu'il va peut-être falloir la percer manuellement. On me dit qu'on va chercher l'anesthésiste, on me fait une prise de sang et puis...rien... pendant ce temps-là, la poche des eaux commence à se déverser entre mes jambes, ça dégouline de partout, c'est immonde. la sage-femme revient et elle est super contente : c'est mieux que la poche se perce toute seule. Le travail continue. Je commence à comprendre qu'il y a un souci quelque part parce que ça dure trop et moi je sens bien que le bébé descend de plus en plus.

Je me dis que de toute façon, c'est trop tard pour avoir la péridurale, j'ai l'impression que Nestor ne va plus tarder à sortir la tête : j'ai envie de pousser. Et c'est là que le calvaire commence. Moi, j'ai complètement perdu la notion du temps mais je crois que j'ai poussé pendant plus de 2h (en fait sûrement 3 ou 4). La sage-femme me demande si je le sens de continuer comme ça, sans péridurale. Je lui dit que oui, parce que je crois que je n'en ai plus pour longtemps. Je lui demande si j'ai fait le plus dur, elle me dit que j'ai fait le plus long. Bon, allons-y, après tout, je ne suis ni la première ni la dernière... Seulement, à chaque contraction, je pousse comme une forcenée, j'ai l'impression que le bébé va sortir d'une seconde à l'autre, oui mais, il ne sort pas ! Les contractions se suivent et...se ressemblent : c'est très douloureux, j'ai l'impression que la prochaine est la bonne, alors je me dis : "encore un petit effort, c'est bientôt fini" mais ça ne finit pas. En fait, il y a deux problèmes : la tête de Nestor est en tranversale donc il a plus de mal à la sortir et en plus, apparemment, j'ai mon coccis qui rebique et donc qui crée un obstacle supplémentaire. Ces 2 éléments, encore méconnus à cette heure, font que la poussée va être très longue et très douloureuse...

Heureusement, il ya le proto, le gaz hilarant. La sage-femme me le propose assez vite. C'est un masque avec une poire et on presse soi-même pour respirer le gaz, du coup on règle tout seul sa consommation. Je me rends vite compte que ce gaz mène au paradis et je me shoote à mort. La douleur s'évapore complètement et je plane totalement, c'est super. Bien sûr, il y a le revers de la médaille : j'ai un peu trop abusé du gaz. Au début c'est pas trop gênant : je me met à rigoler, c'est un rire incontrôlable, super agréable, comme un fou-rire. MonsieurChaouine qui pleure comme une madeleine depuis des heures (pas facile pour lui de regarder et de ne rien pouvoir faire) croit que je pleure mais non non, je me marre moi môssieur ! Rien à cirer de cet accouchement : tout glisse dans l'huile. Au bout d'un moment, les effets du gaz sont beaucoup moins sympas je me mets à dégobiller tout ce que j'ai dans ventre, c'est absolument dégeu (déjà que je dégouline du liquide amniotique par le bas depuis des heures, la salle d'accouchement doit ressembler à une fosse sceptique) ! Après ça, je n'ose plus reprendre du gaz et je reviens progressivement à la surface, oui mais la douleur aussi et elle est absolument horrible. Je reprends du gaz de temps en temps mais maintenant je fais attention à ma consommation : j'en prends que pendant les contractions et je récupère tranquillement entre deux.

Et ça continue toujours, je suis épuisée, j'en peux plus. Alors, la sage-femme et le médecin décident de se servir des spatules pour aider le bébé à sortir. J'ai droit à l'épisiotomie sous anesthésie locale mais je ne m'en rends même pas compte tellement je suis dans les contractions jusqu'au cou. Ca fait des heures et des heures que je me concentre uniquement sur ma respiration parce que, si je me laisse déborder par une contraction, c'est fini : je meurs (bon j'exagère un peu mais le ressenti c'est vraiment ça). Je ne sens pas les spatules par contre je sens Nestor quand il sort la tête : j'ai l'impression que ça déchire, c'est horrible! Tout le monde s'écrie "ça y est c'est fini, la tête est sortie !" mais ce n'est pas la peine : Nestor a déjà fait entendre sa voix ! Et puis on me dit "encore un petit effort, il faut sortir l'épaule" Pitin, ça recommence, et hop une autre déchirure ! Après, je ne me suis même pas rendue compte que c'est MonsieurChaouine qui a fini de le sortir et qui l'a posé sur mon ventre. J'ai vu qu'il a coupé le cordon, c'est tout. Je suis soulagée : ça y est il est sorti !

Le médecin essaie de sortir le placenta en tirant sur le cordon (je crois qu'il ne veut pas que je pousse encore, je suis trop fatiguée) mais le cordon casse. Dommage ! Alors, il décide d'aller chercher le placenta à la main. On me propose une anesthésie générale parce que le procédé est très douloureux. On me dit que je me réveillerai dans 10mn, que je ne sentirai rien. Moi je suis d'accord : tout ce qu'ils veulent pourvu qu'on en finisse ! MonsieurChaouine sort avec Nestor pour les premiers examens. l'anesthésiste se prépare, le médecin aussi. Et là, mon ventre se contracte, je pousse et le placenta sort tout seul. Ca y est c'est fini. Enfin, le médecin vérifie bien qu'il ne manque rien et puis on passe à la couture (c'est là que je me rends compte que j'ai eu une épisiotomie !). On me refait une anesthésie locale et le médecin fait ses petits points. Malheureusement, je ne l'aide pas beaucoup parce que je sens un peu ce qui se passe et ça me fait mal. Comme je n'ai plus de contractions pour relativiser la douleur et que je suis complètement HS, ça reste un moment douloureux aussi.

Et puis MonsieurChaouine revient avec Nestor et là tout ce qui vient de se passer, ça ne compte plus. Nestor est trop mignon, ça valait drôlement le coup (même si sur le moment je me dis que je ne vais peut-être pas recommencer tout de suite !) !!!

J'ai oublié de vous raconter comment on m'a sondé les urines 2 fois mais je ne sais plus très bien comment ça s'est passé, je devais être trop dans les vaps. Sinon, je suis sûre que vous vous demandez tous pourquoi je n'ai pas eu cette satanée péridurale... En fait, mon sang ne coagulait pas assez alors l'anesthésiste a préféré éviter de la faire. Ce dont je ne me doutai pas c'est que si j'avais hurlé à la mort pour l'avoir, il me l'aurait faite mais je ne crois pas que j'aurais eu ce genre d'attitude de toute façon. J'ai bien hurlé un peu à la fin de la poussée mais c'était plus pour me soulager pendant les contractions...

Bon, voilà, j'espère que je ne vous ai pas trop dégoûtés d'avoir des enfants (je vous avais prévenus). J'avais besoin de mettre à plat tout ça pour tourner complètement la page. Ne vous inquiétez pas : tout va super bien et Nestor est un ange...

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Publié dans zen-attitude

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E
bonne année ! plus fructueuse en écrits  j'espère!! ;)
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C
Désolée, je suis un peu débordée en ce moment...je vais essayer de vous pondre un nouvel article bientôt !Gros Byzouxx et BOnne AnNée @ tous !!!
O
finis bien l'année<br /> et meilleurs voeux pour celle à venir<br /> grosses bises
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R
Joyeux Noel à vous 3!
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P
Pour y avoir assister 3 fois, je dois dire que je vous remplacerais en rien, mais alors pô du tout, non non...;o )) Mais quel bonheur une fois fini...Bon, maintenant qu'ils sont plus grands, c'est un peu plus compliqué.....Le bonheur....;o ))
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C
Je veux bien te croire : on en reparlera dans 15 ans !
O
coucou chaouine, à peine gore, même pas gore. Avec moi vous avez échappé à ça, j'ai eu une césarienne, tiens je connaissais pas le gaz hilarant, ça m'aurait branchée.<br /> Je note que tu as déjà commencé à lui faire voir du pays au petit Nestor, tu perds  pas d'temps!<br /> gros bisouxxxxxxxxxxxx
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C
Bah, de toute façon il s'en fout : il dort tout le temps !<br /> Mais oui, je sors tous les jours, j'ai pas envie qu'il devienne pantouflard !